• Ram

    god

    Sa vie Cinq mille ans avant notre ère, d’épaisses forêts recouvraient encore l’antique Scythie, qui s’étendait de l’océan Atlantique aux mers polaires. Dignes descendants de la race atlante, les Scythes, fils des Hyperboréens, élevaient à leurs aïeux d’immenses menhirs.

    Parmi les prêtres se trouvait un jeune druide nommé Reem, appelé Ram par les siens, signifiant celui qui va de l’avant, le bélier. Le jeune druide avait montré de bonne heure une aptitude singulière dans la connaissance des plantes, de leurs vertus merveilleuses, de leurs sucs distillés et préparés. On raconte qu’un soir, alors qu’il réfléchissait sur les maux de sa race, il s’endormit au pied d’un arbre. Dans son sommeil, il entendit une voix l’appeler par son nom et il crut s’éveiller. Il vit alors devant lui un homme d’une taille majestueuse, vêtu de la robe blanche des druides, portant une baguette autour de laquelle s’entrelaçait un serpent. Prenant Ram par la main, il le fit lever et lui montra sur l’arbre même au pied duquel il était couché, une très belle branche de gui. « O Ram, lui dit-il, le remède que tu cherches, le voilà ! » Puis il tira de son sein une petite serpette d’or, en coupa la branche et la lui donna. Il murmura encore quelques mots sur la manière de préparer le gui et disparut. Alors Ram s’éveilla tout à fait et se sentit très réconforté ; une voix intérieure lui disait qu’il avait trouvé le salut. Il ne manqua pas de préparer le gui selon les conseils de l’ami divin à la faucille d’or. Il fit boire ce breuvage dans une liqueur fermentée à un malade et celui-ci guérit. Ram réussit ainsi à sauver une grande partie de son peuple, décimé par une épidémie. Les disciples de Ram voyageant ensuite dans toute la Scythie avec des branches de gui furent considérés comme des messagers divins et leur maître comme un demi-dieu. Mais s’opposant aux pratiques des druides et druidesses de son temps, Ram manifesta publiquement, par la volonté du grand Ancêtre, son intention d’abolir tous les sacrifices sanglants auxquels ces derniers se livraient. Il prit pour emblème le Bélier, auquel une partie des Celtes lui opposèrent leur ancien Dieu, Thor, le Taureau. Les partisans du Bélier et ceux du Taureau s’affrontèrent en de rudes combats. Lors d’une fête à laquelle Ram refusa de se rendre, sentant le piège, il fut définitivement frappé d’anathème. Peu désireux que ceci ne provoquât une guerre civile, Ram choisit de quitter son pays. Accompagné des individus les plus éclairés du peuple celte, il voyagea jusqu’au Caucase, traversa la Volga jusqu’aux mers Noire et Caspienne. Dans ces contrées fertiles, il rencontra des tribus nomades qui se joignirent à eux et leur servirent de guides. Arrivé sur les hauts plateaux du Tibet, et avant d’entrer en Iran, Ram prit soin d’organiser ces peuplades qui voyaient en lui « l’envoyé du Grand Ancêtre », reconnaissant ses pouvoirs surnaturels : lire dans les pensées des gens, prévoir l’avenir et guérir les malades. Il divisa donc la nation en quatre classes : celle des Prêtres, les Sacerdoces, celles des Guerriers, des Laboureurs et des Artisans, pour le bon fonctionnement de tous. De nos jours, ces classes existent toujours en Inde.

    Son œuvre Ram enseigna aux peuplades nomades à ensemencer les terres, cultiver la vigne et développer une agriculture très riche. Il fonda la ville de Vahr, ville admirable, semblable au Paradis, « où régnait la justice et dont tous les habitants étaient heureux ». Dans leurs Livres Sacrés, les Hindous le représentent aussi comme un puissant théocrate, générant « des lois nouvelles aux peuples déjà civilisés, fondant des villes, terrassant les rois pervers et répandant partout la félicité » (cité par A. Fabre d’Olivet, Histoire philosophique du genre humain).

    Sa Doctrine Ram est à l’origine du culte des Ancêtres, auxquels on doit respect et vénération. Croyant en l’immortalité de l’âme, il pensait revenir lui-même sur Terre pour y parfaire son œuvre. Dans le Zend-Avesta, le dernier Zoroastre lui rend hommage, le désignant comme le premier homme envoyé par le dieu Ormuzd. Les Hindous l’honorèrent sous le nom de Rama, dans le Ramayan, l’épopée de Rama ; le Tibet, la Chine, le Japon et tout le Nord de l’Asie le dénommèrent Lama ; le culte lamique, le lamaïsme, perdure encore dans toutes ces régions. Comme le dirent certains auteurs, “Ram fait partie de ces envoyés de l’Un sur Terre, pour guider son peuple”. “Le cycle qu’il fonda atteignit un degré de culture scientifique peu ordinaire. La souveraineté de Justice de l’Empire du Bélier, l’ancienne hiérarchie de pouvoirs sacerdotaux et juridiques a, des siècles durant, donné au monde la plus grande somme de paix internationale, de liberté locale et de bonheur général dont il puisse jouir.”

    Sources : Histoire philosophique du genre humain, Antoine Fabre d’Olivet, Editions l’Arbre d’Or. Initiation Solaire Ramique Restituée, André Cotty, éditions Ramiques, Lausanne, 1972. Les Grands Initiés, E. Schuré, Le Livre de Poche.