• Nostradamus

    Sa vie

    Issu d’une famille aisée, Michel de Nostre-Dame est né le 14 décembre 1503 en France, à Saint-Rémy de Provence. Dans un contexte de grands bouleversements et inquiétudes - où l’Inquisition pourchassait les hérétiques, où se jouait la séparation des pouvoirs temporel et spirituel, où les papes de Rome et d’Avignon se disputaient l’or des Templiers, Michel de Nostre-Dame se montra un véritable homme de la Renaissance, par sa soif insatiable de connaissances. Dès sa jeunesse, il présenta d’étonnantes dispositions pour les mathématiques et l’astrologie ; auprès de son aïeul Jean de Saint-Rémy, grand érudit de la Kabbale, il étudia tous les Anciens, les arts de l’alchimie, et fut initié aux secrets des grands maîtres, grecs et arabes, Aristote, Avicenne, Euclide, etc. Il entreprit ensuite des études de médecine à Montpellier, dans la digne lignée de Raymond Lulle. En 1525, ayant réussi ses examens, il quitta la ville pour commencer à pratiquer une médecine qui lui permit de prodiguer ses soins à des milliers de malades atteints de la peste. Mais poursuivi comme hérétique, il dut bien vite s’expatrier, voyageant en Espagne, en Italie, en Allemagne et dans toute l’Europe, où il fut estimé et reconnu pour sa science et son savoir exceptionnels. En 1547, il revint dans sa région natale et s’installa à Salon-de-Provence où il épousa Anne Ponsard dont il eut six enfants. Il y demeura jusqu’à sa mort, le 1er juillet 1566, demandant à être enseveli en position verticale dans un mur de l'église des Cordeliers, “afin que nul ne puisse piétiner ma tombe”.

    Ses activités

    « J’ai étudié les simples et les remèdes que la nature nous offre », nous dit Michel de Nostre-Dame, « j’ai levé les yeux vers l’écriture de Dieu, j’ai écouté, et j’ai vécu en médecin, en astrophile. En tous points du monde, en toutes circonstances, j’ai fait profit de ce que le monde m’offrait. » Il fut l’hôte estimé des grandes cours de l’époque, comme celle de Marguerite de Navarre qui donnait en son palais refuge à tous les humanistes, où il côtoya de nombreuses personnalités, tels Calvin et Delley. Médecin du Roi, il fut également le conseiller de Catherine de Médicis, du roi Henri II, pour ne citer qu’eux, parmi les plus grands.

    Son œuvre

    Se situant « à la croisée de la tradition du mysticisme oriental et du protestantisme allemand, de l’ésotérisme moyenâgeux et de la science moderne », pour lui « seules les mathématiques permettent à l’homme d’accéder à la certitude et constituent le fondement de la physique, car le nombre reste avant tout la clé d’or du monde mystérieux voulu par Dieu », « l’homme étant le résumé et microcosme de l’univers créé par Dieu».« Cette beauté terrestre qui nous invite au dépassement n’est que le premier degré de l’échelle merveilleuse qui doit nous conduire à Dieu. » Dans sa recherche de la place de l’homme dans l’univers, il nous dévoile des clés fondamentales : « Il ne faut pas tout enseigner. Les vérités élevées doivent restées enveloppées de tout leur mystère car plus on a la raison puissante et moins on a la foi. Aussi, quand la vérité est cachée aux grands et aux gens instruits, elle se découvre aux humbles et aux ingorants. »« La magie naturelle, pleine des plus hauts mystères, embrasse la contemplation la plus profonde des choses les plus secrètes, la connaissance de la nature. » « Le mage marie la Terre au ciel. »« Ne nous y trompons pas. Par le dialogue des planètes qui redessine le ciel en de cosmiques hiéroglyphes, Dieu nous parle et nous affirme chaque jour sa volonté. Depuis la nuit des temps, il offre aux humbles et aux bergers, la vérité ignorée des vaniteux qui s’aveuglent des plaisirs terrestres, quand les cieux racontent la gloire de Dieu ! »« Il vaincra les étoiles, le sage qui croira que les étoiles sont les luminaires créés pour être des signes. »

    Dix Centuries

    « Ainsi j’ai composé ces livres, contenant chacun cent quatrains astronomiques de prophéties que j’ai rendues volontairement obscures pour d’ici à l’an 3797 », nous dit Nostradamus. Les Centuries furent publiées pour la première fois à Lyon en 1555. On a dit que ce sont des prophéties car on a pu y reconnaître des faits et des dates historiques, mais qui a su s’en servir pour préparer l’avenir ?

    Caractéristiques

    Mage et philosophe, pour Nostradamus l’essence de la nature humaine est divine. C’est en retrouvant en lui-même la force des pouvoirs de l’esprit qu’il arrivait à soigner le corps, de l’intérieur. “Comme tout arrive par la loi du destin, si un mortel pouvait embrasser l’enchaînement général des causes, connaissant les causes futures, il prévoierait l’avenir. Les choses futures ne naissent point tout d’un coup. Il en est de la succession des temps comme d’un câble qu’on déroule; c’est la répétition continuelle des mêmes événements, comme le savent ceux qui s’adonnent à la divination naturelle et à l’observation des signes.” Et il conclut : “Le temps n’est rien. Aimer, vouloir, c’est tout !”

    Propos extraits de textes originaux, issus de la visite guidée de la Maison de Nostradamus, à Salon-de- Provence.