• Apollonius of Tyana

    Sa vie

    Apollonius nacquit à Tyane, ville grecque de Cappadoce, aux alentours de l’an 4 avant J.-C.

    Il descendait d’une famille ancienne, qui avait fourni à la ville de Tyane quelques-uns de ses  fondateurs. A l'âge de quatorze ans, alors qu’il donnait déjà des marques d’une grande mémoire et d’une grande ardeur pour l’étude, il fut placé auprès d'Euthydème, un rhétoricien de Tarse. Mais, bien vite, dégoûté par le luxe des habitants, Apollonios obtint la permission de quitter son père et son professeur pour se retirer à la ville voisine d'Égée. Là il étudia plusieurs doctrines comme le Platonisme et l'Épicurisme, mais donna sa préférence au Pythagorisme, dans lequel il avait été formé par Euxène d'Iraklion. Il décida alors de s’abstenir de nourriture animale et de vêtements de laine, renia le vin et la compagnie des femmes, laissa ses cheveux allonger et se rendit au temple d'Asclépios, à Égée.

    Il perdit son père alors qu’il n’avait que vingt ans, et son frère aîné vingt-trois. Ce dernier reçut donc la plus grande partie de l’héritage familial. Mais Apollonius lui donna la moitié de la part qui devait lui revenir, déclarant : « Mon frère a besoin de beaucoup de biens, et moi, il me suffit de fort peu. »

    Quant à l’âge de sa mort, les récits diffèrent : pour les uns, il avait quatre-vingts ans ; selon d’autres, il en avait plus de quatre-vingt-dix, et certains même soutiennent qu’il avait dépassé la centaine. On la situe donc aux alentours de 99 apr. J.-C.

    Ses activités

    Apollonius s'imposa ensuite cinq années de silence pour obtenir la dernière initiation pythagoricienne. À ce moment, il était devenu célèbre, faisant un grand nombre de prophéties qui se concrétisèrent. Il fut ensuite attiré vers l'Inde d'où Pythagore, cinq siècles auparavant, avait apporté en Grèce la sagesse himalayenne.

    Apollonius possédait la connaissance du langage des oiseaux et pouvait déchiffrer les signes formés par la trajectoire de leur vol contre le bleu du ciel. En Inde, accompagné du fidèle Damis,  ils se dirigèrent vers les Himalayas et le Tibet. Guidés par un jeune Indien parlant parfaitement le grec, ils rencontrèrent la communauté des sages Brahmanes dont le chef était Iarchas, grand réformateur religieux bouddhiste.

    Philostrate décrit ces sages comme "des Brahmanes qui demeurent sur la Terre mais qui ne sont pas de ce monde, dans des endroits fortifiés mais sans murailles, et qui ne possèdent rien mais toutes choses." Ils avaient des pouvoirs miraculeux. Damis décrit ces hommes merveilleux comme de stricts végétariens vivant exclusivement de fruits et de légumes, vêtus de toges de lin sans manches et ne portant rien d'origine animale. Ils avaient les cheveux longs et expliquaient cette coutume par les avantages physiologiques et psychologiques qu'ils en retiraient.

    Quand Apollonius se renseigna auprès de Iarchas pour savoir si le cosmos était composé de quatre éléments, ce dernier répondit qu'il n'y en avait pas quatre mais cinq, le cinquième étant l'éther, "que nous devons considérer comme la substance qui compose les dieux car, de même que les créatures mortelles inspirent l'air, les natures immortelles et divines inspirent l'éther."

    Apollonius vit Iarchas produire des miracles identiques à ceux qui sont attribués au Messie du Nouveau Testament, tels qu'exorciser, guérir un infirme, rendre la vue à un aveugle. Il avait un degré élevé de voyance, pouvait voir à n'importe quelle distance, discernait le passé et le futur et pouvait identifier les vies passées de ceux qu'il rencontrait. Apollonius rapporta en Occident les enseignements qu'il reçut d'Iarchas sous la forme de certains évangiles bouddhistes connus sous le nom de "Diégèse" ou "Évangile originel".

    À son retour en Grèce, Apollonius voyagea de ville en ville, visitant les temples où il restaura les anciens mystères en rééduquant les prêtres. Son premier travail fut d'abolir la coutume barbare des sacrifices animaux. Il voyagea dans de nombreux pays mais son travail principal de réforme religieuse fut réalisé en Grèce. A Rome, il devint le conseiller des empereurs. Il y prophétisa plusieurs événements qui se réalisèrent. Mis en prison, il s'échappa en se téléportant à 200 kilomètres. Il entra dans un temple caché, à Ephèse, et disparut à jamais.

    « Personne n’a le souvenir d’avoir vu un tombeau d’Apollonius, ni aucun monument élevé en son honneur », nous relate son biographe, Philostrate.

    Son œuvre

    Sur la vie d'Apollonius au temple d'Égée, Stobart écrit : "Des cures merveilleuses furent attribuées à Apollonius puisque, comme son grand maître Pythagore, il considérait la guérison comme le plus important des arts divins. Sous sa direction, le temple devint aussi un centre de philosophie et de science religieuse. Son but était de purifier le culte du temple et de réformer l'ancienne religion grecque de l'intérieur, en révisant, selon les préceptes pythagoriciens, la compréhension des vérités spirituelles qui étaient à la base des mystères ésotériques."

    Il a, toute sa vie durant, et même après sa « disparition », soutenu l’immortalité de l’âme : « L’âme est immortelle ; elle n’est pas à vous, elle est à la Providence. Quand le corps est épuisé, semblable à un coursier rapide qui franchit la barrière, l’âme s’élance et se précipite au milieu des espaces éthérés… »

    « Mais que vous importent ces choses ? Vous les connaîtrez quand vous ne serez plus. Tant que vous êtes parmi les vivants, pourquoi chercher à percer ces mystères ? », Philostrate, Livre VIII, Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges.

    Caractéristiques

    Les disciples d'Apollonius, nommés les Apolliniens, furent nombreux à le vénérer pendant trois siècles, adoptant son régime végétarien et son mode de vie pythagoricien. Cependant, Apollonius n'avait jamais rien imposé à quiconque, pas même à ses disciples personnels auxquels il avait donné entière liberté.

    Sources :

    Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges, de Philostrate.